Stratégies
transversales
Comment aborder les savoirs, les réalités et les perspectives autochtones en formation?
Aborder les savoirs, les réalités et les perspectives autochtones en formation à l’enseignement, en psychoéducation et en travail social nécessite d’adopter une posture d’ouverture et de remise en question de ses propres pratiques, tant dans la préparation que dans la présentation du contenu des cours. La mobilisation de savoirs autochtones passe par l’établissement de relations respectueuses, la reconnaissance des injustices historiques et contemporaines, ainsi que par une pédagogie ancrée dans des principes autochtones, notamment le respect, la responsabilité et la réciprocité. Dans ce contexte, une collaboration avec des personnes autochtones est encouragée et nécessaire pour avoir accès à des savoirs justes et validés, pour confirmer la pertinence et l’authenticité du matériel et de la documentation utilisée, et pour éviter la reproduction de stéréotypes ou de perspectives coloniales. Cette collaboration s’inscrit d’ailleurs dans les différents appels à l’action, notamment ceux de la Commission de vérité et réconciliation (2015). Cette page propose un survol de pistes de réflexion, de stratégies et de pratiques à adopter en vue de la préparation d’un cours ou d’une activité qui aborde les savoirs, les réalités et les perspectives autochtones. Ces éléments se veulent transversaux aux différentes pages de contenu de cette plateforme. Ils sont regroupés autour des thématiques suivantes : pratiques d’enseignement et postures pédagogiques; activités expérientielles et communautaires; matériel, documentation et ressources; planification, organisation et accompagnement professionnel; évaluation et reconnaissance des apprentissages; et valorisation de la recherche participative.
Suggestions pour la formation
PRATIQUES D’ENSEIGNEMENT ET POSTURES PÉDAGOGIQUES
- Adopter une posture d’écoute, de collaboration, d’humanisme et de sensibilité envers les autres cultures.
- Valoriser les formes de communication autochtones (silence, non-verbal, etc.).
- Déconstruire les stéréotypes et les replacer historiquement.
- Utiliser des méthodes critiques et réflexives pour remettre en question les savoirs universitaires afin de légitimer et de reconnaître de différentes formes de savoirs : scientifiques, d’expérience et culturels, qui ont tous leur place dans la formation.
- Privilégier des approches et des pratiques pédagogiques qui sont culturellement signifiantes pour les Premiers Peuples : apprentissage par l’observation, transmission par les aînés, classe de nature, pédagogie du lieu, approche holistique, etc.
https://3peq.com/perspectives/approches-pedagogiques/ - Privilégier d’autres modèles ou stratégies d’enseignement pour respecter les modes d’apprentissage des étudiants autochtones.
- Apprentissage par l’observation, transmission par les aînés, activités en territoire avec des porteurs de savoirs, classe de nature, pédagogie du lieu, approche holistique, etc.
- Inciter les étudiants à développer un esprit réflexif vis-à-vis des modèles institutionnels.
- Sortir de l’enseignement magistral : favoriser l’extérieur, l’expérientiel et les lieux culturels.
- Montrer l’exemple en mettant de l’avant les spécificités culturelles, historiques et linguistiques des Premiers Peuples en lien avec les objets de formation dans les cours.
- Différencier les récits selon les nations, par exemple la légende de Tshakapesh pour la Nation Innu et celle de Glooskap pour la Nation W8banaki.
- Mettre de l’avant les ethnonymes et les toponymes utilisés par les Premiers Peuples pour se définir afin de valoriser leur autodétermination et leurs langues tout en redonnant le crédit à la nation ou aux nations à l’origine de cette dénomination.
- Privilégier l’utilisation de termes précis, par exemple utiliser les ethnonymes Innu, Atikamekw, Inuit, etc., au lieu du terme général Autochtones lorsqu’une situation concerne une nation en particulier.
- Utiliser les toponymes en langues autochtones, comme le fleuve Nanikana en anishinaabemowin ou anicinabemowin, plutôt que la rivière Harricana.
https://www.canada.ca/fr/bibliotheque-archives/collection/aide-recherche/histoire-autochtone/terminologie-autochtone.html
- Favoriser les discours et des échanges qui, sans infantiliser ni victimiser ni pathologiser, reconnaissent les forces vives des personnes et des communautés, sans sombrer dans des « perceptions trop idéalisées » qui occulteraient les réalités vécues dans les communautés.
- Favoriser les échanges qui évitent de situer (et de stigmatiser) les personnes autochtones à travers une représentation « mythique ».
- Par exemple, il importe de considérer la vie en communauté, le style de vie, comme un « idéal » en occultant les réalités du quotidien, ce qui équivaudrait à générer de nouveaux stéréotypes.
ACTIVITÉS EXPÉRIENTIELLES ET COMMUNAUTAIRES
- Organiser des sorties sur le territoire.
- Offrir des ateliers culturels avec des personnes autochtones (récits de vie, cercles de partage, artisanat, cuisine, etc.).
- Encourager la participation des étudiants à des événements comme le 30 septembre, les pow-wow et à des activités parascolaires : conférences, projets communautaires, création artistique, etc.
- Favoriser les activités de partage d’expérience : cercles de la parole, journal de bord, portfolio, expression orale, etc.
- Visiter une école autochtone pour en comprendre la structure organisationnelle.
- Permettre aux futurs enseignants (autochtones et non autochtones) de mettre en pratique certaines notions enseignées à l’université auprès d’élèves.
- Pratiquer l’analyse et l’intervention en utilisant une grille d’évaluation fondée sur les dimensions interculturelles : décentration; exploration des conflits de valeurs, des croyances, etc.
MATÉRIEL, DOCUMENTATION ET RESSOURCES
- Proposer des lectures, des articles, de la littérature et des œuvres d’art autochtones.
- Faire écouter des vidéos de la Fabrique culturelle, des Voix du Territoire, l’ONF, etc.
- Mettre à disposition du matériel d’artisanat dans les didacthèques.
- Lire des articles scientifiques de chercheurs autochtones.
- Faire connaître les cultures autochtones dans les espaces visibles sur les centres et les campus, et non seulement dans les cours : exposition d’objets d’art, carte géante qui situe les différentes communautés avec leurs noms, station d’écoute de musique ou de vidéo, etc.
- Élaborer une liste de personnes autochtones intéressées et disponibles pour offrir des conférences dans les cours.
PLANIFICATION, ORGANISATION ET ACCOMPAGNEMENT PROFESSIONNEL
- Réfléchir à une reconnaissance territoriale départementale ou institutionnelle en s’assurant qu’elle est enracinée dans des actions concrètes favorisant des relations saines de nation à nation.
https://www.usherbrooke.ca/autochtones/fileadmin/sites/autochtones/Reconnaissance_territoriale_U_V2.pdf - Consulter les services de pédagogie universitaire qui offrent du soutien pour mobiliser les savoirs, les réalités et les perspectives autochtones dans la formation.
- Mettre en place un comité de validation des contenus à enseigner avec des membres des Premiers Peuples.
- Participer à des formations continues et consommer de manière régulière des éléments de cultures autochtones, comme des balados, des films et des livres; se déplacer en communauté pour les pow-wow; acheter de l’artisanat pour amorcer des conversations avec les artisans; etc.
- Mentionner les pratiques de valorisation et de mobilisation des réalités autochtones dans les plans de cours.
- Intégrer des expériences et des études de cas exposant les mécanismes qui entretiennent une vision occidentalisée des réalités autochtones.
- Faire des demandes de financement pour soutenir la tenue de sorties et la participation à des événements scientifiques ou professionnels.
- Prévoir, dans l’organisation et la planification d’un cours offert à une cohorte autochtone, le déplacement de la ressource enseignante dans une communauté ou une école autochtone afin de mieux comprendre la réalité de ces milieux.
- Adapter les objectifs et les contenus du cours pour qu’ils soient culturellement signifiants pour les étudiants autochtones.
- Faire connaître l’existence de la compétence 15 et soutenir sa mise en œuvre dans les plans de cours.
https://cepn-fnec.ca/competence-15/
ÉVALUATION ET RECONNAISSANCE DES APPRENTISSAGES
- Diversifier les modes d’évaluation.
- Privilégier des partages personnels au lieu d’examens écrits.
- Inviter les personnes étudiantes à réfléchir à l’image des Premiers Peuples véhiculée dans les articles et à comprendre l’effet que leur lecture provoque chez les personnes étudiantes des Premiers Peuples.
- Concevoir des évaluations culturellement sensibles reconnues par l’établissement.
- Offrir des formations ou des modèles pour évaluer les apprentissages dans une perspective décoloniale.
- Évaluer une situation (d’intervention ou d’enseignement) en utilisant une grille d’analyse ethnoculturelle.
VALORISATION DE LA RECHERCHE PARTICIPATIVE
- Encourager les projets de recherche en collaboration avec des personnes des Premiers Peuples.
Ressources
Témoignages
Remerciements
Partage d’expérience : Sammy Kistabish et Julie Mowatt. Suggestions de stratégies transversales proposées par : Glorya Pellerin, Guillaume Proulx, Donald Poulin, Véronique Paul, Brahim El Fadil, Lily Bacon, Simon Théberge, Corinne Desrochers et Valérie Plante-Lévesque. Production : Marilyne Soucy, Emmanuelle Aurousseau et Manouchka Otis. Validation : Julie Rock, Danielle Rousselot, Christine Couture et Émilie Hébert-Houle.
Plan d’action de l’APNQL sur le racisme et
Trousse pédagogique Gabriel-Commanda
Droits à l’égalité
Relations entre
Enquête régionale sur
Charte des droits en six langues autochtones
Sommaire du rapport final de la Commission
Action concertée en sécurisation culturelle
Introduction à l’étude
La sécurisation
Loi sur la Déclaration
L’expérience
Mythes et réalités sur les Peuples autochtones
Premier rapport de suivi de la Commission Viens
Favoriser la persévérance et la réussite éducative…
Réussite éducative
Engagements d’Universités Canada à l’égard